Edito – Mai 2020
[A noter : Edito publié initialement sur Facebook, le 3 mai 2020 – republié et très légèrement modifié ici en Novembre 2020, date à laquelle j’ai enfin pu regrouper mes écrits dans ce nouveau projet de contenus que sera le site exploractions.com. Voilà pour le contexte, bonne lecture. Guillaume]
3 mai 2020. Enfin le retour du soleil après 1 semaine de pluie.
Comme un signe annonciateur. Je profite de ce rayon d’énergie pour écrire, retranscrire ce qui ressort de 3 jours de réflexions intenses. A vrai dire, il s’agit plutôt de 3 ans de réflexion intense ! Il va falloir synthétiser, « faire court » pour pouvoir « faire la cour » efficacement à ses nouveaux lecteurs que j’embarque sans le savoir, à travers cet écrit, dans une aventure un peu folle. Allons-y gaiement !
Cela fait 1 mois et demi que nous sommes « confinés » !
Cet évènement qui chamboule une grande partie de notre monde, il n’a quasiment aucun impact sur moi. Mon calendrier est légèrement perturbé certes, j’ai revu certaines priorités oui. Mais en mon for(t) intérieur, rien ne bouge.
J’ai appris depuis 3 ans à accepter l’imprévu et à en tirer le meilleur parti, alors j’ai le sentiment de glisser sur cet évènement. Mais honnêtement, mon cas n’est pas très intéressant.
Ce qui m’inquiète et m’enthousiasme – à peu près à niveau égal – c’est plutôt ce que tout ça va avoir comme impact sur les autres.
Je devrais plutôt dire : sur vous !
Voir encore mieux : sur TOI.
Oui toi qui me lit aujourd’hui, que retiens-tu de ce confinement ? Quels enseignements tires-tu de la situation ?
De ce que cela signifie sur notre monde, sur notre mode de vie ? Mais surtout, sur TON monde ? Sur ton mode de vie, ta façon de fonctionner, quelles sont tes valeurs, tes besoins, tes actions, sur qui tu es réellement ?
Pour certains, ce confinement a soudainement dégagé du temps.
Un temps qui semblait introuvable il y a encore quelques semaines. Il s’agit parfois d’un temps en famille. Qui nous fait réaliser à quel point notre quotidien « normal » nous a éloigné d’elle. Que ce soit pour un mal ou pour un bien d’ailleurs.
Pour d’autres, il s’agit d’un temps long, parfois solitaire. Un temps de qualité, oserais-je dire.
Un temps d’une infinie richesse pour celui qui sait embrasser cette solitude si essentielle, si profonde, celle qui pose question mais qui rend libre et responsable à la fois.
Cette solitude qui permet tout simplement de regarder à l’intérieur pour mieux se connaitre, pour mieux s’aimer et trouver des début de réponses à ces questions existentielles.
Celles qu’on cache, qu’on évite, qu’on repousse …
Oh je sais qu’elle est parfois effrayante cette solitude, on nous a appris à la craindre même !
En réalité il s’agit d’un art subtile et tellement puissant. Vois-tu, j’écris depuis début mars un article – on pourrait même dire un « essai » – sur ce sujet, pour essayer de mettre à jour un autre point de vue sur ce thème.
Un autre angle que celui que nous impose ce monde où tout va trop vite, où on nous invite à ne pas trop réfléchir et surtout ne pas trop se démarquer. Rentrer dans le moule, se fondre dans la matrice …
Ma version de la solitude c’est celle qui permet de s’extraire de tout ça pour mieux se retrouver et accéder à beaucoup de réponses, de force et de bonheur. De celui qu’on ne peut trouver qu’à l’intérieur.
Mais que rien ne nous empêche de partager ensuite, à l’extérieur. Et qui ne nous coupe pas des amitiés véritables et des moments de partage, bien au contraire….
Alors forcément dans le contexte particulier qui est le nôtre, je me dis que ce sujet pourrait « parler » à beaucoup de personnes. Que c’est un drôle de hasard que j’eusse décidé d’écrire là-dessus juste avant l’arrivée du confinement.
Mais comme je ne crois pas vraiment au hasard, je me dis que c’est peut-être un signe et que finalement, partager ces réflexions pourrait peut-être aider certains à traverser cette période plus sereinement.
Peut-être même d’en tirer quelque chose de positif. C’est loin d’être garanti, peut-être même que personne ne le lira. Ou que personne ne sera d’accord. Mais qui ne tente rien n’a rien, non ?
Ce travail d’écriture n’est pas terminé, et je ne sais même pas où je vais pouvoir le publier, ce que je n’avais pas prévu de faire avant l’été.
Mais je réfléchis à des solutions.
À des actions possibles.
C’est ma façon à moi de réagir à tout ça, affaire à suivre …
Et toi alors, qu’as-tu fait de ce temps aussi improbable que précieux ?
Je ne suis pas là pour donner des leçons. En vérité je suis simplement curieux.
Curieux de voir ce que va donner ce fameux « Monde d’après » dont on nous parle. Pour beaucoup, il s’agit de voir ce moment comme l’opportunité de changer. De ne surtout pas revenir au « monde d’avant ». Ils ont des arguments qui me paraissent solides ! Si tu en veux quelqu’uns je te conseil l’édito des amis de la terre.
Il y a certains arguments que je partage un peu moins, mais le déroulé global se comprend et se tient bien, droit dans ses bottes. Dans un autre style, cet édito de Maxime Combes est aussi intéressant.
Si tu n’aimes pas lire (mais que fais-tu ici alors ?) il y aussi cette vidéo.
Je ne te cache pas que ces points de vues là, ces changement collectifs et individuels qu’ils appellent de leur voeux, moi ils m’enthousiasment ! Et toi ?
Bien sur d’autres point de vues existent. Pour certains tout cela n’est qu’une parenthèse, un petit coup à endurer avant de vite retrouver une vie « normale » – celle-là même qui détruit la bio-diversité et qui est surement à l’origine de tout ça.
Je ne partage pas leur avis, mais je l’accepte et le respecte, car je suppose que s’ils pensent comme ça c’est qu’ils ont leur raisons. Même si pour être honnête je ne crois pas que ces raisons soient très positives ni tout à fait pertinentes. Encore faudrait-il pouvoir en débattre sereinement, ce serait tellement intéressant.
A vrai dire, je viens de faire quelque chose que je déteste : une énorme généralité ! En réalité je pense que personne n’est d’un coté ou de l’autre, ni tout noir ni tout blanc. Nous sommes tous un peu entre les 2, à la recherche de notre propre équilibre.
Ce qui se joue ici c’est notre positionnement individuel, notre responsabilité à chacun par rapport à nous-même et au monde qui nous entoure.
Ce qui se joue maintenant, c’est qu’allons nous FAIRE ?
Car dans une semaine, nous allons commencer à être « déconfinés ». Partiellement certes, mais quand même. Je suis curieux de voir quel positionnement, quelles actions chacun d’entre nous va prendre dans les semaines et mois à venir.
Si je me permets de résumer ma vision de la situation en quelques lignes essentielles, voilà ce que cela donnerait : Nous sommes tous responsables de ce qui est en train d’arriver.
Nous les hommes, nos valeurs, notre organisation socio-économique et nos actions collectives et individuelles. Bref, notre système, celui qu’on a construit, celui qu’on mérite.
Il nous faudra en assumer les conséquences. Mais la bonne nouvelle c’est que NOUS POUVONS AUSSI CHANGER LES CHOSES.
Quand je dis nous, je veux dire TOI et moi. On a trop souvent tendance à se cacher derrière le « nous » comme s’il s’agissait surtout des autres. Du gouvernement. De la « société ». Bien sur qu’il y a une responsabilité collective, et qu’il faudra améliorer son fonctionnement. Mais la société, c’est nous !
Et comme disait Gandhi : « sois le changement que tu veux voir dans le monde ».
Sache que je me fais cette remarque à moi-même 😉 Je suis encore loin d’être exemplaire dans toutes mes actions, ni en accord total avec mes valeurs. Mais j’y travaille et je progresse, cela me parait une première étape intéressante.
Je ne vais pas faire ici la liste de mes bonnes actions, ca n’aurait pas de sens. Je suis bien conscient que le peu que je fais aujourd’hui est très loin d’être suffisant.
J’essaye simplement de changer ce qui peut l’être, à mon échelle et en accord avec mes valeurs.
Car oui nous pouvons encore changer les choses. Individuellement ET collectivement, car il nous faudra les 2 pour espérer sortir meilleur de tout ça. Et ceux qui s’entêtent à opposer l’un ou l’autre comme l’unique moyen de se sortir de ce monde d’avant font fausse route il me semble.
A ce titre, j’aime beaucoup le point de vue d’Aurélien Barrau qui disait en substance : “L’économie, ce sont avant tout des conventions humaines temporaires, on peut les changer. Le CO2 qu’on émet chaque jour lui, il est là pour des milliers d’années. C’est une réalité physique sur laquelle, à l’échelle humaine du temps, on ne pourra rien faire à l’avenir. Pas de retour en arrière possible. Ce n’est pas conventionnel. Alors que l’économie, c’est conventionnel. Ces conventions, il ne tient qu’à nous de les changer si on en a la volonté ! Et contrairement à ce que nous disent les politiques depuis 40 ans, depuis le Coronavirus, on sait que ce pouvoir de changement, on l’a ! ».
Si vous voulez voir son propos, j’ai trouvé cette 1/2h de vidéo loin d’être inintéressante : https://www.youtube.com/watch?v=kWYn5isgZ8M&t=1103s
Personnellement, j’ai du mal à voir comment on pourrait reprendre une vie « normale » sans se poser quelques questions, sans vouloir changer ce qui peut l’être, pour le bien de tous.
Bien sur, nous ne sommes pas tous égaux devant la situation. Certains ont plus de capacités ou de moyens que d’autres. Certains ont des problématiques individuelles qui ne leur permettent pas de se sentir concernés par cette discussion. Mais dans la globalité ?
Parmi ceux qui liront ce message et se sentent concernés, certains seront surement d’accord. Certains le seront moins.
Mais ce qui m’intéresse surtout, c’est de savoir : que vas-tu FAIRE, TOI en réaction à tout ça ? Que vas-tu changer ou conserver et pourquoi ?
Je suis sincèrement curieux. Car si je sais que je ne changerais pas le monde à moi tout seul, je sais aussi qu’il ne se changera pas tout seul, ce monde.
Il faudra qu’on le fasse changer, patiemment, ardemment, mais surtout, ensemble.
Réactions, critiques constructives et opinions divergentes sont les bienvenues

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[…] de jeu de mots et passons aux choses sérieuses : le mois dernier je publiais un premier texte sous forme d’un édito qui questionnait nos réflexions et nos actions en cette phase un peu particulière de notre […]